Jambes sans repos : ce qui l’aggrave et ce qui aide

Des jambes allongées sur des draps blancs
Allongé, le soir, tes jambes te démangent de bouger : c’est le moment où les impatiences se réveillent.

Le soir, tu t’allonges et ça commence : un besoin de bouger les jambes, impossible à retenir. Tu bouges, ça se calme, mais dès que tu t’immobilises, ça revient. Et tu ne t’endors pas. On va voir comment reconnaître le syndrome des jambes sans repos, ce qui l’aggrave, le bilan de fer à faire et ce qui aide le soir.

Comment le reconnaître

Le syndrome des jambes sans repos, qu’on appelle aussi impatiences ou maladie de Willis-Ekbom, se reconnaît à 4 signes. Le groupe international d’étude de ce syndrome (IRLSSG) les a fixés en 2014, et il te les faut tous les quatre :

  1. Un besoin de bouger les jambes, le plus souvent avec des sensations désagréables dedans : picotements, élancements, démangeaisons.
  2. Ça commence ou ça empire au repos, quand tu es allongé ou assis.
  3. Bouger soulage, en partie ou complètement, tant que tu marches ou que tu t’étires.
  4. C’est pire le soir et la nuit que dans la journée, ou ça n’arrive que le soir.

Depuis 2014, il faut aussi que rien d’autre ne l’explique. Des crampes, des douleurs musculaires ou articulaires, des jambes gonflées ou une mauvaise circulation veineuse peuvent donner des sensations proches. Si tu tournes au lit sans aucune gêne dans les jambes, c’est plutôt une insomnie d’endormissement.

Dans la grande étude REST, sur 15 391 adultes, 7,2 % avaient eu des symptômes dans l’année, et 2,7 % au moins deux fois par semaine avec une gêne modérée à forte. Les femmes sont plus touchées que les hommes, et le risque augmente avec l’âge.

Ce qu’on entend, ce que montrent les études

Ce qu’on entendCe que montrent les études
C’est un problème de circulationLes chercheurs pointent un manque de fer dans le cerveau et la dopamine
Ma ferritine est normale, donc le fer n’y est pour rienLes recommandations proposent du fer quand ta ferritine est à 75 µg/L ou moins, un seuil plus haut que pour le reste de la population
Mon médecin l’aurait repéréSur 416 adultes gênés au moins deux fois par semaine, 337 en avaient parlé à leur médecin, et 21 avaient reçu le diagnostic
Les antidépresseurs donnent des impatiencesC’est rare au début d’un traitement, et la mirtazapine ressort plus que les autres
Pendant la grossesse, ça ne part plus22 % des femmes en ont au 3e trimestre, 4 % après l’accouchement

Ce qui aggrave tes jambes

Les recommandations américaines de médecine du sommeil (AASM) commencent par là : retirer ce qui aggrave les symptômes, avant tout traitement.

  • Le manque de fer. C’est un des troubles les plus souvent associés aux jambes sans repos. Les règles abondantes, les dons de sang répétés et la grossesse font baisser tes réserves.
  • La caféine : café, thé, sodas, boissons énergisantes. Pas de caféine dans les 10 h avant ton coucher (le détail dans caféine et sommeil).
  • L’alcool et le tabac. Pour l’alcool, dernier verre 3 à 4 h avant le coucher (voir alcool et sommeil).
  • Certains médicaments : les antihistaminiques qui font dormir (la doxylamine du Donormyl, ceux de certains médicaments contre le rhume ou l’allergie), certains antidépresseurs (surtout la mirtazapine), les anti-nauséeux comme le métoclopramide (Primpéran) et les antipsychotiques.
  • Le manque de sommeil : les symptômes arrivent plus tôt dans la soirée et plus fort.
  • La grossesse, surtout au 3e trimestre. Le plus souvent, ça disparaît après l’accouchement.

Le bilan qui compte : ta ferritine

La ferritine, c’est ta réserve de fer. Demande à ton médecin une prise de sang avec la ferritine et le coefficient de saturation de la transferrine. Fais-la le matin, sans complément de fer ni aliment riche en fer dans les 24 heures avant.

Les recommandations internationales (IRLSSG) et américaines (AASM) proposent un traitement par le fer quand la ferritine est à 75 µg/L ou moins, ou la saturation sous 20 %. C’est plus haut que le seuil utilisé pour le reste de la population : une ferritine « normale » peut rester trop basse pour tes jambes.

Jauge de ferritine : fer proposé à 75 µg/L ou moins, en perfusion seulement entre 75 et 100, pas de fer au-dessus
Pour les jambes sans repos, le seuil de ferritine est plus haut que pour une carence classique.

Le fer, sa forme, sa durée et les autres traitements, c’est ton médecin qui les choisit selon ta prise de sang. Ne prends pas de fer de ton côté et n’arrête pas un médicament en cours sans lui en parler. Vas-y sans attendre si :

  • tes jambes t’empêchent de dormir au moins deux soirs par semaine ;
  • tu es enceinte ou tu as une maladie des reins ;
  • tu as déjà un traitement et les symptômes arrivent plus tôt dans la journée, plus fort, ou gagnent les bras.

Ce qui aide le soir, sans médicament

Ces gestes suffisent à certaines personnes, surtout quand les symptômes sont légers.

  • Bouge dans la journée. Dans un essai de 12 semaines, trois séances par semaine de cardio et de renforcement du bas du corps ont réduit les symptômes par rapport au groupe sans sport. Évite l’effort intense tard le soir.
  • Étire et masse tes jambes quand ça commence, ou lève-toi marcher quelques minutes.
  • Prends un bain ou une douche chaude le soir, ou pose une bouillotte sur tes jambes. Pris 1 à 2 heures avant le coucher, le bain chaud t’aide aussi à t’endormir plus vite.
  • Occupe ta tête pendant une crise : un livre, un jeu, des mots croisés.
  • Couche-toi et lève-toi à heures fixes, et dors assez.

Le test des 14 soirs

Pour savoir ce qui marche chez toi, compare deux semaines. Les 7 premiers soirs, tu ne changes rien. Les 7 suivants, plus de caféine dans les 10 h avant ton coucher, et 10 minutes d’étirements des mollets et des cuisses avant d’aller au lit. Chaque matin, note le temps mis à t’endormir et si tes jambes t’ont gêné la veille. Si ton endormissement raccourcit, garde les deux habitudes.

Questions fréquentes

Comment calmer des jambes sans repos tout de suite ?

Lève-toi et marche, étire tes mollets ou masse tes jambes : bouger soulage tant que tu bouges. Un bain chaud ou une bouillotte sur les jambes aide aussi. Si les crises reviennent la plupart des soirs, fais doser ta ferritine.

Quel taux de ferritine pour les jambes sans repos ?

Les recommandations proposent un traitement par le fer quand la ferritine est à 75 µg/L ou moins, ou quand la saturation de la transferrine est sous 20 %. Entre 75 et 100 µg/L, l’AASM réserve le fer à la perfusion. Ce seuil est plus haut que celui utilisé pour le reste de la population : une ferritine dite normale peut rester trop basse pour tes jambes.

Les jambes sans repos partent-elles toutes seules ?

Ça dépend de la cause. Pendant la grossesse, 22 % des femmes en ont au 3e trimestre, et seulement 4 % après l’accouchement. Quand c’est lié à un manque de fer, ça s’améliore souvent quand les réserves remontent. Chez d’autres, ça vient par périodes ou ça reste chronique.

Jambes sans repos ou crampes : comment faire la différence ?

Une crampe, c’est un muscle qui se contracte d’un coup, dur et douloureux. Les jambes sans repos, c’est un besoin de bouger, avec des picotements ou des élancements, qui arrive au repos, surtout le soir, et qui se calme tant que tu bouges. Les crampes font partie des troubles qu’il faut écarter avant de parler de jambes sans repos.

Ewen HervéEwen Hervé — L’ingénieur du sommeilCoach sommeil et ingénieur de formation, j’aide les cadres et entrepreneurs fatigués à retrouver un sommeil réparateur en analysant leurs données.Vu sur

📚 Sources